20160305_165538Le milliardaire américain Christopher Forbes a décidé de vendre aux enchères ce week-end les 2 000 pièces de sa collection consacrée à Napoléon III.

La vente a lieu à Fontainebleau.

"Il a fait des choses incroyables pour la France et a laissé un héritage peut-être plus grand que celui de son oncle. La France moderne date vraiment du Second empire et pas du Premier Empire" a expliqué le fondateur de la revue qui porte son nom à Europe 1 ajoutant que ses enfants ne partageant pas sa passion, il a préféré faire un peu de place dans sa maison.

Les lecteurs évidemment cultivés de ce blog ne seront pas étonnés que quelques-unes de ces 2 000 pièces concernent Sedan, où Badinguet a achevé son règne et précipité la cité de Turenne et le pays tout entier dans le chaos. Pis, durant les décennies suivantes, le nom, le mot même de Sedan resta ainsi synonyme de "désastre".

Les lots intéressant Sedan sont essentiellement des caricatures qui fustigent le vaincu.

Mais il est un qui retiendra l'attention pour d'autres raisons. C'est une proclamation sous forme d'affiche dite placard dont le catalogue de la maison Osenat précise : "AFFICHE PLACARD Rare proclamation de l’empereur Napoléon III du 31 Août 1870, faite au quartier impérial de Sedan. Typographie de Jules Laroche à Sedan. Dim: 55 x 45cm."

L'estimation est de 2 à 300 euros.

Abysse et moi avouons modestement que nous ne savons si d'autres exemplaires ont survécu et sont conservés dans des musées ou des archives des Ardennes.

Le texte de cette proclamation est presque surréaliste. "Soldats, les débuts de la guerre n'ayant pas été heureux, j'ai voulu en faisant abstraction de toute considération personnelle, confier le commandement des armées aux maréchaux que désignait l'opinion (...). Il n'y a pas lieu de vous décourager (...). J'ai préféré le rôle de soldat à celui de souverain (...). Soldats, soyez dignes de votre ancienne réputation..."

Disons clairement que ces mots tiennent au minimum de la méthdoe Coué.

48 heures plus tard, Napoléon III dépose les armes et assiste à la reddition de l'armée française au château de Bellevue.