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Comme la plupart des adhérents et militants SNJ (Syndicat national des journalistes), je suis partisan d'une réforme des aides à la presse.

En incluant des critères sérieux. Tels que le respect du droit du travail. Si, ce serait déjà pas mal...

Mais quand je lis que la ministre de la Culture et de la Communication suggère d'exclure de ces aides ce qu'elle appelle "la presse récréative", les bras m'en tombent. C'est à lire ici.

Donc, c'est notamment le magazine Closer qui serait visé.

Je suis très inquiet.

Primo, j'estime que Closer ne fait pas "que" dans le récréatif. Dans l'affaire Hollande-Gayet puis dans l'affaire Philippot, le crime de ce journal classé people a été de rendre public un fait que le seul microcosme connaissait. Un microcosme qui s'arrogeait le droit de penser en outre qu'il était tout sauf urgent qu'à part lui, le vil peuple en soit informé...

Or, dans les deux cas, il va de soi qu'on sortait du cadre habituel du respect de la vie privée. Que ces faits avaient des conséquences politiques.

Secundo, je voudrais que Fleur Pellerin nous explique sur quels critères on jugerait désormais qu'un journal est ou non de nature "récréative".

Beaucoup de titres relèvent des deux. Font et proposent à leurs lecteurs et de l'info et du mag... récréatif.

Quand on parcourt le tableau qui recense les aides actuellement versées, on mesure le chantier : à voir ici.

Voilà pourquoi je redoute qu'on nous instaure je ne sais quelle autorité composée arbitrairement qui ferait le tri en la matière. Et qu'on nous impose une nouvelle police de la presse et de la pensée, comme s'il n'y avait déjà pas assez de procureurs de salon dans les cercles germano-pratins. Comme s'il n'y avait pas plus urgent, comme le souhaite le SNJ : en l'espèce légiférer enfin sur le secret des sources, sur les conseils rédactionnels, sur une instance déontologique adossée à la Commission de la carte d'identité des journalistes.

Bon, en attendant quelques réponses à ces modestes questions, je vais relire un peu Modiano.

Oups.